Jardin botanique Dominique Villars
Jardin botanique Dominique Villars
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Situé dans le parc des Facultés de Médecine et Pharmacie à La Tronche, le Jardin Dominique Villars rassemble près de 200 espèces de plantes médicinales. Entre l’hôpital Michallon et l’ancienne propriété Barral, partez à la découverte de leurs vertus thérapeutiques.
"La connaissance des plantes et de leurs propriétés étant d’une nécessité indispensable, principalement dans l’exercice de l’art de guérir, nous avons donné des ordres pour qu’il fût formé un jardin de botanique, et établi annuellement un cours pratique de cette science (…)". Extrait du règlement de l’École et du Jardin botanique de Grenoble rédigé par Dominique Villars en 1785.

Sur les traces d’un illustre botaniste

"Depuis l’âge de douze ans où elle s’empara de ma tête et de ma santé, aucune heure ne s’est écoulée sans penser à mes chères plantes." Né en 1745 dans le Champsaur, Dominique Villars se passionna rapidement pour la botanique ; après quelques expéditions comme naturaliste, il vint à Grenoble pour y étudier puis exercer la médecine. En 1782, date où il fut nommé médecin titulaire de l’hôpital de Grenoble mais aussi médecin des pauvres, l’intendant du Dauphiné créa pour lui le jardin botanique comme outil pédagogique pour ses enseignements.
D’abord installé Porte de Bonne, ce jardin va connaître au gré "des vues particulières et des intérêts divers" plusieurs emplacements : "en 25 ans les plantes ont été transportées quatre à cinq fois ; jugez du découragement que nous avons eu à supporter (…)" (1). Avant un nouveau déménagement Faubourg Saint-Joseph puis son installation définitive en 1844 dans l’actuel Museum d’histoire naturelle, le jardin botanique de Grenoble est transféré de 1786 à 1792 dans la propriété du marquis Joseph Marie de Barral à La Tronche.

Pendant quelques années, Dominique Villars va ainsi cultiver son jardin botanique et ses pépinières à l’emplacement même des actuelles Facultés de Médecine et Pharmacie et de l’hôpital Michallon. Si de cette époque ne subsiste qu’une partie de la maison de maître de la propriété Barral - devenue aujourd’hui le "château" administratif des Facultés de Médecine et Pharmacie - Dominique Villars a profondément marqué l’histoire de Grenoble et de la botanique. C’est pour lui rendre hommage qu’a été créé le Jardin Dominique Villars à l’occasion du bicentenaire de sa mort.

Des plantes pour soigner, un jardin pour apprendre

Inauguré en octobre 2014 par les Facultés de Pharmacie et Médecine, le Jardin Dominique Villars de l’Université Grenoble Alpes réunit près de 200 espèces de plantes médicinales réparties en sept zones. Troubles digestifs, hépatobiliaires ou cardio-vasculaires, hypertension, insuffisance veineuse, troubles du système nerveux, antiseptiques urinaires, troubles du sommeil, anxiété… Les plantes sont présentées dans divers bacs selon leurs propriétés thérapeutiques ou les pathologies à soigner. Un parcours botanique dans le parc conduit également les visiteurs à découvrir diverses plantes médicinales dans leur zone d’habitat : plantes xérophytiques, acidophiles ou de sous-bois, et plantes herbacées des champs.

Créé à l’initiative de Serge Krivobok, ce jardin pédagogique est une véritable salle de cours à ciel ouvert pour les étudiants en pharmacie et en médecine. Enseignant-chercheur à la Faculté de Pharmacie et responsable du jardin, Serge Krivobok souligne l’importance de l’enseignement botanique des plantes médicinales et toxiques aux futurs pharmaciens et médecins alors que près de 60% des médicaments proviennent de substances naturelles et que la phytothérapie et l’aromathérapie connaissent un succès grandissant.
Pour sensibiliser le grand public aux risques d’intoxication liés aux plantes ornementales, six bacs sont consacrés à ces plantes dont la plupart sont toxiques. En France, 90% des intoxications sont dues à ces plantes et dans 75% des cas, ces accidents touchent les enfants.


Chaque plante du jardin a son étiquette comportant le nom latin, le nom usuel, la famille botanique, les parties de plantes utilisées, les propriétés thérapeutiques et le mode d'utilisation. Certaines plantes sont également reliées à un QR-code via SmartJardin

Depuis sa création, le Jardin Dominique Villars n'a cessé de s'enrichir. En 2016, une zone de biodiversité a ainsi été créée derrière le bâtiment Jean Roget. En 2017, Serge Krivobok a également finalisé deux nouveaux projets : la mise en place d’un jardin médiéval selon la théorie des quatre humeurs (devant la BU Médecine-Pharmacie) et la création d’un potager de plantes médicinales alimentaires.


Retrouvez Serge Krivobok dans le reportage de France 3 Alpes consacré à l’exposition "La pharmacie hospitalière de Grenoble à l’aube du XXe siècle" du Musée grenoblois des Sciences médicales et au Jardin Dominique Villars .

(1) Extraits du "Mémoire pour le Jardin de Botanique au citoyen Fourier, Préfet du département de l’Isère" en date du 30 brumaire an XI.
Publié le 9 mai 2017
Mis à jour le 17 mai 2017

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