Marine Linard
Marine Linard
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Il y a, à l’Université Grenoble Alpes, des jeunes femmes pour qui la question du genre homme / femme n’arrête pas leur vocation ni leur volonté. Marine Linard, étudiante en Licence 2 "Sciences de la vie et de la terre" en est une ambassadrice. Ambassadrice du "tout est possible, même quand on est une femme", du "quand on veut, on peut".
Parce que Marine, au-delà d’être une jeune étudiante souhaitant passer le CAPES "Sciences de la vie et de la terre" plus tard, est aussi et surtout UN sapeur-pompier volontaire. A tout juste 20 ans, elle est, en réalité, la toute première étudiante à avoir bénéficié d'une valorisation de son engagement en tant que sapeur-pompier volontaire dans le cadre de la première convention en France signée entre le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) Isère et l’Université Grenoble Alpes.

Un coup de pouce qui n’a fait que renforcer la détermination de Marine à continuer de mener études et passion de front. "Depuis 1 an et demi, j’étudie la semaine et fais mes gardes à la caserne d’Echirolles le week-end. Je ne m’autorise pas à faire plus pour l’instant, ni la nuit en semaine, car après je ne suis plus les cours. Heureusement, je suis très soutenue par ma famille et grâce à ce dispositif de l'Université Grenoble Alpes, je ressens une vraie reconnaissance et légitimité. Ça m’encourage beaucoup."

Et pourtant, la route n’est pas toujours facile et évidente quand on est un sapeur-pompier et surtout une femme qui exerce un métier d’homme. "On doit prouver plus que les autres ce dont on est capable avant d’obtenir le respect, on doit se justifier d’être là. A la base, être sapeur-pompier est un métier qui n’est pas fait pour tout le monde, quel que soit le genre et le sexe. Ce qu’on fait est dur : les interventions, les entraînements. Cela demande du respect, du recul, de l’écoute, de la solidarité, du travail en équipe, de la force mentale et physique, de la remise en question, de la volonté…"

"Sur certaines interventions, notre petit gabarit sert"

Mais Marine ne se considère pas comme exceptionnelle, elle a simplement compris, dès l’âge de 5 ans, quelle était sa vocation et s’en est donné les moyens très tôt. En 2008, elle intègre la formation des jeunes pompiers de la caserne d’Epagny. Elle est rapidement mise à l'épreuve du feu. Aujourd'hui, elle a participé à près de 150 interventions sur le terrain, mais elle sent qu'elle doit toujours faire ses preuves. "Dans l’inconscient collectif, sapeur-pompier est un métier d’hommes. D’ailleurs sous nos casques, cagoules et uniformes d'environ 15kg, les gens nous appellent assez naturellement 'messieurs'. Dans ce milieu, les femmes sont très peu représentées et considérées mais il arrive qu’être une femme se transforme en atout. Sur certaines interventions, par exemple, notre petit gabarit sert et notre côté maternel rassure."

Pour ceux qui la connaissent, amis, étudiants, famille et tous ceux qui découvrent son engagement, Marine force l’admiration tant son choix peut surprendre. Marine a trouvé sa place comme sapeur-pompier, mais elle souhaite une chose : que les mentalités évoluent quant à la place des femmes.

Ce portrait fait partie d'une série proposée à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2016.
Publié le 9 mars 2016
Mis à jour le 24 juillet 2019

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