La plateforme Kinovis - © INRIA Grenoble Rhône-Alpes
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Sciences et technologies
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Opération de communication réussie pour la marque de prêt-à-porter Zara grâce à la plateforme Kinovis.

En avril 2018, les vitrines de 120 de boutiques Zara réparties dans 40 pays étaient… vides ! Les clients, invités à télécharger une application mobile, n’avaient qu’à pointer leurs smartphones sur un logo pour voir défiler des mannequins virtuels présentant les vêtements de la dernière collection. Et il était bien sûr possible de les acheter en quelques clics. Une expérience de shopping inédite née d’une collaboration entre le photographe Ezra Petronio, la société Holooh et l’équipe Morpheo d’Inria Grenoble dirigée par Edmond Boyer.

Quelques mois plus tôt, les deux mannequins défilant dans l’application Zara AR avaient fait l’objet d’une capture 4D au sein de la plateforme Kinovis. L’enjeu de l’acquisition des douze séquences réalisées était de reproduire numériquement le défilé des modèles avec un rendu réaliste des mouvements de leurs vêtements. "Il n’y a rien de plus compliqué et là, c’était extrêmement important puisque la fluidité renseigne sur la nature et la qualité du tissu" raconte Edmond Boyer. Kinovis a su relever le défi démontrant l’intérêt de la réalité augmentée pour ce type de commerce. "La mode est un très bon marché pour la captation volumétrique : les scènes sont courtes et peuvent être adaptées à n’importe quel support. Avec cette technique, on obtient un modèle 4D, une vidéo que l’on peut ralentir, stopper, recadrer, rejouer à l’infini, et que l’on peut utiliser en réalité augmentée comme en réalité virtuelle. Les applications sont nombreuses ; elles devraient intéresser les équipementiers sportifs ou même les musées. On pourrait imaginer modéliser des guides virtuels pour toutes les oeuvres du Louvre par exemple." Chiche !
"Mais est-ce que les gens vont suivre ? Difficile à dire. Le véritable enjeu pour ces technologies reste l’interface de visualisation. Les lunettes, les smartphones… Il faudra sûrement imaginer de nouveaux outils" estime le chercheur.

 De la science-fiction à notre salon

"C’est vrai que la réalité augmentée avec un smartphone, la réalité virtuelle avec un casque, c’est assez frustrant. Alors les industries de la communication essaient en permanence d’améliorer ces outils, d’améliorer les effets de réel afin de trouver de nouvelles sources de profit. L’idéal serait par exemple de pouvoir interagir avec des hologrammes en 3D" imagine Benoit Lafon. "Alors les investissements poussent l’innovation dans ce sens, pour arriver à concrétiser ces nouvelles technologies".

Mais aujourd’hui, malgré les progrès indéniables réalisés, la réalité virtuelle et la réalité augmentée atteignent tout juste un niveau intéressant pour être enfin expérimentées par le grand public. Nourries de rêves à travers la littérature et le cinéma, nos attentes sont grandes et nos exigences élevées en matière de réalisme, d’expériences et d’interactions. Et pour le moment, la réalité augmentée ou virtuelle ne semble pas encore tout à fait capable de rattraper la fiction.

 

Publié le 13 septembre 2018
Mis à jour le 14 septembre 2018

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