De g. à d. : Jean-Christophe Larbaud, IA-IPR, Yaël Briswalter, Délégué académique au numérique, Fabienne Blaise, rectrice de l'Académie de Grenoble, Pierre Tchounikine, professeur UGA, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale
De g. à d. : Jean-Christophe Larbaud, IA-IPR, Yaël Briswalter, Délégué académique au numérique, Fabienne Blaise, rectrice de l'Académie de Grenoble, Pierre Tchounikine, professeur UGA, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale
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Depuis un an, une équipe pluridisciplinaire, impliquant informaticiens et didacticiens des mathématiques du Laboratoire d’informatique de Grenoble et chercheurs en sciences de l’éducation du Laboratoire de recherche sur les apprentissages en contexte, expérimente, en partenariat avec le rectorat et la ville de Grenoble notamment, de nouveaux modes d’apprentissage des mathématiques. 2600 élèves (46 écoles et 109 classes) de CM1 et CM2 de l’Académie sont concernés cette année. Cette expérimentation de grande ampleur, qui durera trois ans, a été présentée au Ministre de l’éducation nationale le 11 juin 2018, lors de sa visite à l’Académie de Grenoble.
Et si la pensée informatique pouvait aider les élèves à mieux appréhender les mathématiques ? C’est le pari que fait une équipe pluridisciplinaire de chercheurs grenoblois. Faire des mathématiques "autrement" et parfois "sans s’en rendre compte" pourrait en particulier être bénéfique à certains élèves en difficulté. Pour évaluer l’efficacité pédagogique de la pensée informatique, une expérimentation est donc en cours : une cinquantaine de classes de l’Académie aborde un certain nombre de notions des mathématiques en construisant des algorithmes et en les programmant avec le logiciel Scratch, tandis que l’autre partie de l’échantillon continue les apprentissages en utilisant les outils traditionnels.

Une première année d’expérimentation encourageante

"Cette première année d’expérimentation est une réussite" commente Pierre Tchounikine, professeur d’informatique au sein du Laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG) et pilote du projet. Il ajoute : "Il ne s’agit pas de remplacer les approches traditionnelles, mais de proposer des alternatives qui permettent aux enseignants de diversifier leurs méthodes d’enseignement". Le nombre de professeurs des écoles volontaires a dépassé de très loin les prévisions. Formés dans le cadre de leurs heures statutaires, ils ont déployé les séquences d’enseignement de façon très satisfaisante. Les enseignants indiquent que ces séquences amènent bien les élèves à faire des mathématiques "autrement", et à redonner confiance et motivation à certains élèves en difficulté. Les évaluations des apprentissages sont en cours.

Le terme "pensée informatique" renvoie à des compétences générales, qui ne se limitent pas aux mathématiques : appréhender un problème et sa solution à différents niveaux, réfléchir aux tâches à accomplir sous forme d’une série d’étapes (un algorithme), décomposer un problème en plusieurs problèmes simples, réutiliser ou généraliser des problèmes et des solutions. Dans le cas des mathématiques cette approche amène les élèves à expliciter leurs solutions et, couplée avec les possibilités de manipulation que permet l’informatique, leur permet de tester ces solutions.
Si le succès se confirme, le projet pourrait contribuer à une évolution des pratiques enseignantes pour une meilleure réussite des élèves, et à un essaimage dans d’autres académies.

Le projet EXPIRE

Soutenu par le programme eFRAN (espace de formation, de recherche et d’animation numérique) du Programme d’investissement d’avenir opéré par la Caisse des dépôts, le projet EXPIRE - Expérimenter la pensée informatique pour la réussite des élèves - est porté par deux laboratoires de recherche de l’Université Grenoble Alpes (LIG et LARAC).

Les travaux scientifiques visent à :
  • Elaborer des ressources pédagogiques ;
  • Evaluer les effets sur les apprentissages des élèves ;
  • Etudier si/comment la pratique de l’informatique créative en périscolaire et extrascolaire peut lever certains obstacles sociocognitifs ;
  • Etudier les conditions d’appropriation par les enseignants.
Le projet implique également :
  • La Ville de Grenoble, qui déploie ce programme dans ses écoles primaires mais également en périscolaire ;
  • Le CCSTI La Casemate, qui développe des activités extrascolaires ;
  • L’Espé de l’Académie de Grenoble;
  • Le Rectorat, qui organisent notamment les plans de formation des enseignants.

Notes :

Laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG) : Université Grenoble Alpes, Grenoble INP, INRIA.
Laboratoire de recherche sur les apprentissages en contexte  (LARAC - ex LSE) : Université Grenoble Alpes.
Publié le 10 juillet 2018
Mis à jour le 10 juillet 2018

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