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Vous ne le saviez peut-être pas mais nous vivons notre 4e révolution industrielle : l’industrie 4.0.

Après les révolutions de la mécanisation, de la production de masse puis celle de l’automatisation, est venu le temps de l’internet industriel qui, grâce aux technologies du numérique, transforme profondément l’organisation, les moyens de production et les business models des entreprises.

"Sur les marchés, aujourd’hui, ce sont les plateformes, qui mettent en contact plusieurs agents économiques, qui ont un pouvoir prépondérant" affirme Laurent Muller, chercheur au laboratoire d’économie appliquée de Grenoble (GAEL) "Amazon, Facebook, Google, Netflix, Ebay… développent de nouveaux modes de vente. Netflix par exemple ne vend plus des DVD mais vend des abonnements qui ouvrent au consommateur un accès illimité à un immense choix de films et de séries. Ce n’est plus le même acte d’achat, ni la même façon de consommer." En effet, l’intérêt de l’offre n’est alors plus évalué sur l’appréciation unique du produit mais plus globalement sur la qualité des services l’accompagnant. "En plus du produit, on peut vous proposer une formation, un support technique, une maintenance, des conseils... On parle de servicisation" continue Laurent Muller. Et prenant un exemple : "Michelin ne vend plus des pneus mais des kilomètres parcourus dans l’idée d’enlever des soucis aux consommateurs. Mais un service se paie comme un produit."

Big data : le consommateur ni tout à fait libre, ni tout à fait manipulé

Au coeur de l’industrie 4.0, on retrouve une masse gigantesque de données numériques, le Big Data. "Avec toutes les données qu’Amazon, Google, Facebook recueillent, ils peuvent analyser les préférences en établissant des corrélations : ceux qui ont aimé ça, ont souvent tendance à acheter ça. Même s’il n’y a pas de lien de causalité direct entre les deux, rien que la corrélation, sur l’ensemble des internautes, est intéressante à exploiter, notamment pour du conseil" explique Laurent Muller.

Le temps de recherche du consommateur s’en trouve certes réduit mais est-ce bien ce que nous attendons de ces plateformes ? "Cela joue sur notre consommation. Alors la vraie question est : ne sont-elles pas en train de modifier nos préférences ? Il faut reconnaître que nous sommes contents quand on nous aide à choisir, à décider, car ce sont des ressources cognitives et du temps gagnés. Mais la contrepartie, c’est que nous perdons un peu le contrôle" reconnaît le chercheur.

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Publié le 25 janvier 2019
Mis à jour le 29 janvier 2019

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