Diminuer l'usage de la voiture grâce à l'usage combiné d'autres modes de transports pour répondre aux enjeux de développement durable.
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Pour Sonia Chardonnel et Kamila Tabaka, géographes à PACTE, laboratoire grenoblois des sciences sociales, l’automobile ne va pas disparaître des villes, mais son utilisation peut être rationalisée grâce au développement des transports en commun, de l’autopartage et du covoiturage, ou encore de la marche et du vélo.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec l’essor de l’automobile, se dessinent les axes autoroutiers qui désenclavent les territoires et puis, autour des villes, apparaissent les rocades. Ce nouveau maillage routier s’accompagne de constructions pavillonnaires en périphérie urbaine. Mais rapidement le réseau est victime de son succès. « Parce qu’on roulait bien, on a plus pris sa voiture laquelle permettait d’aller habiter plus loin pour avoir plus d’espace, à un prix abordable », explique Kamila Tabaka, enseignante-chercheure à l’Université Grenoble Alpes et spécialiste des mobilités à PACTE.
Le nombre de véhicules par ménage et le nombre de déplacements augmentent de 1975 jusqu’aux années 2000 pour aboutir à la saturation des centres villes qui concentrent les ressources et activités urbaines les plus importantes. Dès les années 1970, les associations commencent à militer pour la piétonisation. Les feux de circulation, les passages piétons et les voies cyclables sont introduits. Le retour du tramway marque un tournant : il sillonne à nouveau Nantes à partir de 1985, puis les rues de Grenoble en 1987 et est présent aujourd’hui dans une trentaine de villes françaises dont Paris.

Sortir de la dépendance automobile

La voiture perd peu à peu l’espace où elle a laissé une empreinte non-anodine. En 1996, la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie prescrit la création d’un plan de déplacement urbain (PDU) pour les villes de 100 000 habitants et plus. « À partir de cette période, on vise à diminuer l’usage de la voiture. Le PDU prévoit de développer les transports collectifs et les modes de transport propres, d’organiser le stationnement et impose le partage de la voirie, dont la réalisation d’itinéraires cyclables », détaille Kamila Tabaka.
« La voiture ne va pas disparaître, mais elle peut être utilisée de manière plus rationnelle, en alternance avec d’autres modes, et moins individuelle, en la partageant avec d’autres personnes, ajoute Sonia Chardonnel, chargée de recherche CNRS à PACTE au sein de l’équipe villes et territoires Les transports en commun, les modes actifs (vélo, marche…), l’autopartage ou le co-voiturage sont des alternatives qui répondent aux enjeux du développement durable ; mais leur usage combiné permet aussi de sécuriser le besoin de déplacement des personnes. Sortir de la dépendance automobile n’est pas sortir de l’automobile.»

Publié le 14 juin 2017
Mis à jour le 12 juin 2017

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