Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 1968 ©AMMG
Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de 1968
Culture
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Qu’elles soient architecturales, culturelles, artistiques ou symboliques, les traces des JO de 68 marquent la ville, sans que plus rien ne semble les relier aujourd'hui à l’événement olympique.

"On observe un effacement des traces" reconnaît Anne-Marie Granet-Abisset, Professeure d’histoire contemporaine à l’Université Grenoble Alpes et directrice déléguée du laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA). "Effacement des traces physiques car la patinoire a été déplacée, l’anneau de vitesse et le palais des glaces reconvertis, le tremplin de Saint-Nizier abandonné… mais aussi de la mémoire car en dehors des passionnés, de ceux qui ont vécu l’événement, ou des plus jeunes qui l’ont vu à la télévision, les Grenoblois qui, pour la plupart, ne l’étaient pas en 1968, ne font guère le lien entre les bâtiments construits et les JO. Pour qu’une mémoire puisse exister, il faut qu’il y ait des traces, des points de fixation et surtout une transmission, qui dans le cas des JO ne s’est pas faite, ou seulement partiellement. Lorsque cette mémoire existe, elle est très incomplète : on se souvient de la mascotte Schuss, de la venue du Président De Gaulle, des victoires de Killy… Il n’y a donc pas une mémoire, mais "des" mémoires sélectives des Jeux."

En effet, hormis lors des commémorations anniversaires, la mémoire des Jeux olympiques semble peu entretenue. Pourquoi ? "Grenoble s’est construite sur une image d’innovation et de modernité, qui n’intègre pas vraiment les JO et en dissociant la modernité de ses fondements et de l’histoire", répond Anne-Marie Granet-Abisset. "Il sera très intéressant d’observer l’effet de ces commémorations du cinquantenaire. Parviendront-elles à reconstruire cette mémoire ? Un bel enjeu pour les organisateurs et pour les recherches à venir."

 

Publié le 29 janvier 2018
Mis à jour le 29 janvier 2018

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