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Au-delà de 5 000 m d’altitude, la pression atmosphérique n’est en théorie plus suffisante pour permettre une vie humaine permanente. Pourtant, dans les Andes péruviennes, à 5 300 m, les 50 000 habitants de La Rinconada, hommes, femmes et enfants, vivent et travaillent toute l’année, exploitant principalement des mines d’or creusées dans la montagne.

Pour la première fois, une équipe de scientifiques, menée par Samuel Vergès (Laboratoire Hypoxie et physiopathologies – UGA / Inserm) a été autorisée à aller à leur rencontre, dans la ville la plus haute du monde, pour essayer de comprendre comment leurs organismes se sont adaptés à cette altitude extrême.

La Rinconada, construite à flanc de montagne a connu un développement important mais anarchique. Sa population a doublé, en 20 ans, grâce à une économie basée principalement sur l’exploitation de mines d’or. Mais malgré l’essor aurifère, aujourd’hui, la ville ne dispose toujours pas d’eau courante, ni d’égouts, ni de collecte des déchets. Pour autant, même à cette altitude, les commerces sont bien achalandés et les habitants comme ailleurs, jouent au football. 

Quasiment tous les habitants travaillent dans des mines d’or exploitées 24h sur 24. Ils ne perçoivent comme salaire que l’or qu’ils découvrent le dernier jour du mois et qu’ils purifient eux-mêmes chez eux avec du mercure. Par superstition, les femmes ne sont pas autorisées à pénétrer dans les mines. Elles ne s’aventurent qu’aux abords à la recherche de trésor perdu.

Une étude scientifique sans précédent

873, c’est le nombre exact de Péruviens qui ont été vus en consultation médicale par les membres d’Expédition 5300. 55 d’entre eux ont participé à un phénotypage biologique et physiologique complet, dans un laboratoire éphémère transporté par les scientifiques et reconstitué à chaque étape de l’expédition. Ces équipements leur ont permis entre autres de
réaliser des mesures hémorhéologiques (viscosité sanguine, anatomie des globules rouges), des auscultations pulmonaires, des échographies cardiaques et une évaluation des perturbations du sommeil (apnée). De précieuses données ont ainsi été recueillies pour la première fois sur cette population vivant en permanence à une altitude où le taux d’oxygène est deux fois moindre qu’au niveau de la mer.

Rentrée à Grenoble début mars, après six semaines au Pérou dont deux à la Rinconada, toute l’équipe d’Expédition 5300 a été profondément marquée par cette expérience. Marquée par les conditions de vie rudimentaires, par le froid et la fatigue due à un sommeil perturbé, par les essoufflements et les céphalées dus au manque d’oxygène... Mais surtout par les liens forts tissés avec la population lors de chaque rencontre.

 
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© Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300 © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 1 & 2. La Rinconada, la ville la plus haute du monde est dominée par un glacier culminant à plus de 6 000 m d’altitude. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 3 & 4. Emilio et Juan, deux mineurs volontaires, qui ont participé à un phénotypage biologique et physiologique complet nécessitant plusieurs heures de tests. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 5, 6 & 7. Émeric Stauffer, médecin spécialiste du sommeil prélève du sang à un habitant de la Rinconada, avant qu’il ne subisse une échographie du coeur. Les premières analyses sont réalisées sur place. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 8 & 9. Samuel Vergès porteur du projet Expédition 5300 remerciant un des participants. Une étudiante péruvienne en médecine apporte son aide à l’équipe en récoltant des données via un questionnaire soumis aux
    participants de l’étude. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 10 & 11. même à cette altitude, les habitants comme ailleurs, jouent au football. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 12. La Rinconada, construite à flanc de montagne a  connu un développement important mais anarchique. Sa population a doublé, en 20 ans, grâce à une économie basée principalement sur l’exploitation de mines d’or. Mais malgré l’essor
    aurifère, aujourd’hui, la ville ne dispose toujours pas d’eau courante, ni d’égouts, ni de collecte des déchets. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 13. Julio, Angelina, Lina et Camila, quatre enfants de la Rinconada. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 14 & 15. À 5 300 m d’altitude, on croise des mineurs dans toutes les rues.Quasiment tous les habitants travaillent dans des mines d’or exploitées 24h sur 24. Ils ne perçoivent comme salaire que l’or qu’ils découvrent le dernier jour du mois et qu’ils purifient eux-mêmes chez eux avec du mercure. © Tom Bouyer - Expedition 5300
  • 16. Un morceau de minerai trouvé au coeur des montagnes, contenant quelques grammes d’or.  © Axel Pittet - Expedition 5300
  • 17. Par superstition, les femmes ne sont pas autorisées à pénétrer dans les mines. Elles ne s’aventurent qu’aux abords à la recherche de trésor perdu. © Tom Bouyer - Expedition 5300

L’aventure continue…

"On ne peut pas faire que de la science ici, les besoins humanitaires sont trop importants" reconnaît Samuel Vergès. Les membres d’Expédition 5300 travaillent donc déjà à la création d’un dispensaire franco-péruvien dans cette ville, la plus haute du monde qui pourrait fournir un soutien médical à la population, permettre la formation des soignants péruviens à la médecine d’altitude et assurer la poursuite des études auprès de cette population exceptionnelle. 

Expédition 5300, un des projets phares de la Chaire Montagne Altitude Santé soutenue par la Fondation Université Grenoble Alpes, a donc encore besoin de partenaires, mécènes et collaborateurs. L’équipe de scientifiques est rentrée de la Rinconada mais l’aventure est loin d’être finie...

Publié le 25 janvier 2019
Mis à jour le 11 juin 2019

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