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La séparation femme/homme est présente dans quasiment toutes les disciplines sportives, et quasiment à tous les niveaux.

Très peu de sports proposent des épreuves mixtes. Et même quand elles existent, comme le double-mixte au badminton, le rôle de chacun est bien codifié : la joueuse joue à l’avant en finesse et en amorti et le joueur à l’arrière pour attaquer avec des coups puissants. S’ils ont des conséquences dans tous les champs de la société, les stéréotypes genrés ont aussi des effets psychologiques sur la performance sportive.

"En 2005, nous avons réalisé une expérience avec des footballeuses" raconte Aïna Chalabaev. "Nous avions choisi ce sport plutôt masculin car ces filles avaient dû a priori surmonter différentes barrières pour le pratiquer. Nous leur avons demandé d’effectuer un slalom le plus rapidement possible mais il y avait une consigne différente dans chaque groupe : soit on leur disait que ce test servait à mesurer leurs performances en football, soit on ne leur disait rien du tout." L’expérience a été reproduite avec une tâche de force. Résultat : "Nous avons constaté une baisse significative de la performance des filles sur toutes les tâches quand on leur disait que le test mesurait leurs compétences sur ces tâches plutôt masculines. La consigne avait suffi à activer des stéréotypes négatifs sur leur capacité à réussir" continue la chercheuse. Et même la motivation de vouloir montrer que le stéréotype ne s’applique pas générerait des pensées négatives et produirait cet effet contre-intuitif appelé effet de menace du stéréotype.

Et chez les garçons ? "L’effet est inverse. Si l’on active des stéréotypes négatifs envers les filles, ça peut améliorer leurs performances. Il y a un petit effet motivant."

Publié le 7 juin 2019
Mis à jour le 4 juin 2019

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