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Antoine Delon est professeur au Laboratoire interdisciplinaire de physique et à l'Institute for advanced biosciences. Il s'intéresse aux techniques instrumentales pour l'observation du vivant et en particulier à la microscopie.
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La boite à questions

Vous travaillez dans deux laboratoires. Qu’est-ce que ce partage vous apporte ?

Antoine Delon. D’abord, une certaine liberté et une fraicheur renouvelée à passer d’un environnement à un autre ; quand je parle de choses pointues avec mes collègues physiciens, nous nous faisons plaisir (ça compte !) mais, même si les questions de physique fondamentale sont fascinantes, elles peuvent aussi nous isoler dans des débats stériles ; quand je parle avec des collègues qui travaillent en biologie, alors là il faut assurer, il ne s’agit plus d’en mettre plein la vue, il faut que ça marche !

Comment une molécule peut-elle devenir fluorescente ?

A.D. Le moyen généralement privilégié est de les exciter avec de la lumière décalée vers les courtes longueurs d’onde par rapport à celle qui est émise. C’est exactement ce qui se passe quand on va jouer à Laser Game, sauf que dans ce cas-là l’environnement est éclairé par de la lumière dite "noire" car nous ne la voyons pas (proche UV) et nos T-shirts en coton blanc, le papier, nos dents, fluorescent en émettant une lumière froide plutôt bleutée.

Quelle est la limite du microscope optique ? Peut-elle être améliorée ?

A.D. Il y a beaucoup de limites, donc beaucoup d’améliorations possibles : la résolution (voir de petites choses), la sensibilité (voir peu de choses), la fonctionnalité (faire marcher ou arrêter les choses). Mais il y a une autre limite à laquelle on s’est habitué et qu’il serait extraordinaire de vraiment dépasser, la 3e dimension. Nous ne savons pas capter directement des images 3D, nous les reconstruisons à partir de piles d’images 2D. L’optique bute sur la 3e dimension : personnellement, je rêve d’un microscope qui enregistrerait une image 3D en une seule exposition. La formation d’une image 3D est possible, mais ce qu’il manque, ce sont de véritables capteurs 3D.


Notes

  1. Laboratoire interdisciplinaire de physique (Liphy) : CNRS / Université Grenoble Alpes.
  2. Institute for advanced biosciences (IAB) : CNRS / Inserm / Université Grenoble Alpes.

Publié le 23 juillet 2018
Mis à jour le 24 juillet 2018

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