crédit : Yildiz Aumeeruddy-Thomas
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La revue scientifique "Science" a publié le 19 janvier 2018 un article cosigné par trente experts internationaux membres de l’IPBES, Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, dont le rôle pour la biodiversité et les écosystèmes s’apparente à celui du GIEC pour le changement climatique. Leur article redéfinit un cadre conceptuel situant la nature en tant que lien à l’humanité et non en tant que bien ou de service.

Le concept proposé fait évoluer et complète la notion de service écosystémique développée par le Millenium Ecosystem Assessment (MEA 2005)*. Il revisite l’approche principale qui en a découlé, celle de l’évaluation des services écosystémiques apportées aux sociétés par des outils économiques et financiers, situant la nature comme une commodité ou un service.

Parmi les signataires de cette publication, figurent trois chercheurs français dont Sandra Lavorel, écologue au CNRS, spécialiste des interrelations entre climat, usages des sols, biodiversité et services écosystémiques au Laboratoire d’ecologique alpine (LECA - Université Grenoble Alpes / Université Savoie Mont-Blanc / CNRS)

La nature n’est pas uniquement affaire de capitaux, de produits ou de flux. "La nourriture est un excellent exemple", souligne Unai Pascual, un des deux auteurs principaux de cet article. Et d’expliquer : "nous puisons toute notre nourriture dans la nature, et la sécurité alimentaire est une priorité généralement inscrite dans les politiques et les décisions partout sur la planète, souvent mesurée dans le contexte du nombre de calories par jour, des processus biologiques et de la valeur économique, par exemple. Mais nous savons que la nourriture représente bien plus que cela. Elle est au centre des identités culturelles, de l’art et à la base des réjouissances humaines. Ce sont de tels apports intangibles de la nature que notre nouvelle approche cherche à représenter et à intégrer aux prises de décision qui touchent à nos relations avec la nature."

À Propos de l’IPBES

L’IPBES définit 18 modalités de Contributions de la nature aux sociétés (c’est-à-dire celles contribuant au climat, à l’eau, à l’alimentation, à la médecine, à l’identité, aux processus d’apprentissage...). Elle prend en compte la pluralité des formes de bien-être des sociétés, la diversité culturelle ainsi qu’un nouveau groupe de valeurs de la nature, les valeurs relationnelles fondées sur les liens entre les hommes et entre ces derniers et la nature. La reconnaissance des effets rétroactifs et des mécanismes reliant dynamiques sociales (anthropogenic assets) et dynamiques écologiques évolutives et fonctionnelles, permettent en outre d’analyser l’état de la biodiversité et des écosystèmes et de projeter les effets des différents impacts observés à ce jour sur la nature.

L’IPBES, en tant que plateforme de dialogue ente Science et Politique soumet ses évaluations à la discussion et à l’approbation de ses 128 états membres en vue de définir des politiques globales de la nature prenant en compte les systèmes couplés socio-écologiques actuels et leurs évolutions futures. Le premier rapport de l’IPBES sur la pollinisation constitue un des exemples marquant de cette démarche.




* L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (EM) est un programme de travail international conçu pour répondre aux besoins des décideurs et du public en matière d’information scientifique relative aux conséquences des changements que subissent les écosystèmes pour le bien-être humain ainsi qu’aux possibilités de réagir à ces changements.


Publié le 19 janvier 2018
Mis à jour le 19 janvier 2018

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