Découverte d’une molécule prometteuse contre la toxoplasmose et le paludisme
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Le paludisme et la toxoplasmose représentent une menace majeure pour la santé mondiale. Ils infectent des centaines de millions de personnes par an conduisant à une mortalité élevée, surtout celle des enfants. Une équipe de l’Institut pour l'Avancée des Biosciences (IAB - Inserm / CNRS / Université Grenoble Alpes), des chercheurs de l’EMBL et de la société californienne ANACOR pharmaceutical, ont découvert une nouvelle molécule prometteuse contre ces maladies.
Le paludisme est une cause de mortalité importante dans les pays du Sud. Aujourd’hui, l’un des médicaments les plus efficaces pour combattre le paludisme est l’artémisinine, molécule issue d’une plante trouvée en Chine. Sa découverte, par la professeure Youyou Tu, a été récompensée par le prix Nobel de physiologie-médecine 2015.

Une préoccupation majeure est celle de l'augmentation alarmante de la résistance aux médicaments, qui compromet à moyen terme l'efficacité des traitements actuels. Toxoplasma menace le fœtus lors d’une primo-infection de la mère ou encore les patients immunodéprimés. Une faible efficacité des médicaments existants et des effets secondaires compliquent le contrôle de ces infections. Cette situation surligne le besoin urgent de nouvelles classes de candidat-médicaments et la découverte de nouvelles cibles pour lutter contre ces parasitoses humaines.

Les chercheurs ont testé la molécule benzoxaborole AN3661 développé par ANACOR pharmaceutical sur la croissance des parasites. Les résulats montrent qu’elle bloque la prolifération intracellulaire de Toxoplasma avec la même efficacité que les médicaments actuels utilisés en clinique comme la sulfadiazine et la pyriméthamine. Ils apportent la preuve que des souris traitées par voie orale avec AN3661 survivent à une toxoplasmose aigüe. Enfin, ils identifient par génétique la cible moléculaire de AN3661, la protéine CPSF3, un enzyme impliqué dans la régulation des ARN messagers.

"Cet enzyme est donc un candidat sérieux pour le développement d’un médicament contre la toxoplasmose ou le paludisme", estiment les chercheurs. La molécule AN3661 est un bon candidat-médicament contre ces parasitoses auxquelles l'Humanité paie un lourd tribut.

Publié le 13 février 2017
Mis à jour le 14 février 2017

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