Paire de tambours Manguaré dans le village de Brillo Nuevo, Pérou © Julien Meyer/Laure Dentel.
Paire de tambours Manguaré dans le village de Brillo Nuevo, Pérou © Julien Meyer/Laure Dentel.
Sciences et technologies
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Des chercheurs décryptent les messages véhiculés par l’intermédiaire tambours mangarés au sein du peuple Bora vivant à la frontière du Pérou et de la Colombie.
Comment des phrases peuvent-elles être transformées en une séquence de percussions ? Une étude impliquant Julien Meyer, chercheur CNRS au Laboratoire Grenoble Images Parole Signal Automatique [1] , s’est intéressée aux messages véhiculés par l’intermédiaire de manguarés – tambours d’Amazonie – au sein du peuple Bora vivant à la frontière du Pérou et de la Colombie. Ce langage tambouriné permet de communiquer sur des kilomètres de distance comparé aux échanges oraux.

Les scientifiques ont identifié que ce langage imite les tons et le rythme de la parole de la langue bora et démontrent que le rythme contribue de manière cruciale à l’intelligibilité de la parole bora tambourinée : celle-ci est codée sous forme de percussions. Différents marqueurs rythmiques permettent ainsi de distinguer les mots alors que les durées entre les coups de tambour renseignent le nombre de consonnes et de voyelles.

Ce système de communication fournit de nouveaux éléments soulignant l’importance et les fonctions du rythme dans l’étude des caractéristiques acoustiques pour coder le langage.

Extraits sonores

Vous pouvez écouter la même phrase en langue bora d’Amazonie dans sa version parlée ou tambourinée. Cette phrase s’écrit "ká?gúnúkòú?ú ò á??àkúnè" et elle signifie "Je termine le cahuana (boisson d'amidon de manioc)".


Version parlée :



Version tambourinée :




Ces travaux ont été publiés dans la revue Royal Society of Open Science le 25 avril 2018.


Notes :
  1. GIPSA-lab - CNRS / Grenoble INP / Université Grenoble Alpes
Publié le 25 avril 2018
Mis à jour le 26 avril 2018

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