Image de couverture du webdocumentaire
Image de couverture du webdocumentaire "Entre 4 murs". © École de journalisme de Grenoble
Société
Article
Les étudiants en Master 1 de l’École de journalisme de Grenoble sont allés à la rencontre de personnes confrontées à la crise sanitaire et proposent 28 portraits. Comment ces personnes ont vécu leur quotidien dans ce contexte historique ? Héros ou victimes, solidaires ou solitaires, chaque témoignage construit la fresque narrative d’une France confinée pendant 55 jours du 17 mars au 11 mai 2020.
Les uns ont choisi de faire témoigner des patients, d’autres des soignants "en première ligne", ou des personnes en deuil, des personnes âgées dans les Ephad, ou des "premiers de corvée" qui ont fait tourner la France pendant le confinement. De cette mosaïque de témoignages se dessine une fresque vivante et attachante de nos expériences inédites à la fois très personnelles et universelles.

Laure Pechkechian, a choisi de rentrer en contact avec un détenu d’une prison du Grand Est. "Le sujet m’intéressait car il y a beaucoup de préjugés et de non-dits autour de la détention." explique-t-elle. "Dans cette période compliquée du confinement, les personnes détenues vivent des situations encore plus compliquées et j’avais envie de pouvoir en témoigner." Dans son article, elle décrit ainsi la peur et le manque d’information dont souffrent les personnes détenues.

Une expérience éditoriale hors norme, très formatrice pour les futurs journalistes

"Le projet s’est monté très vite", raconte Thibault Lefèvre, grand reporter à France Inter et professeur associé, en charge de l’encadrement de cette unité d'enseignement de l’École de journalisme de Grenoble. "Nous devions au départ travailler sur les migrations entre la France et l’Italie en allant à la frontière et nous avons dû trouver un Plan B : construire un webdocumentaire sur la France confinée."

L’urgence étant le tempo du métier de journaliste, l’expérience pour les 28 étudiants était formatrice et la contrainte s’est transformée en opportunité. "Il nous a fallu inventer une nouvelle manière de couvrir l’actualité à distance en utilisant les outils du moment, WhatsApp, Zoom…, et en mettant à contribution les personnes interviewées pour des photos ou enregistrements." continue le journaliste.

Le 27 avril, une première conférence de rédaction était organisée en visioconférence. Les sujets étaient validés le 29 et la livraison d’une première version était faite une semaine après pour une publication de l’ensemble du webdocumentaire le 11 mai. "La partie la plus difficile a été de trouver en très peu de temps, quelqu’un qui veuille bien échanger sur sa vie quotidienne en prison." raconte Laure qui a lancé un appel à témoignage sur une plateforme Snapchat pour trouver son interlocuteur. La vérification des données n’a pas été évidente non plus pour l’étudiante qui a dû croiser par exemple les informations transmises par son témoin et les statistiques disponibles sur les personnes décédées du Covid19 en détention.

"Nous atteignons sur l’ensemble des articles une qualité éditoriale rarement atteinte, peut-être liée à l’expérience même du confinement pour chacun des étudiants. Cela les a obligés à plus de rigueur et à un respect des délais très proche d’un projet professionnel" se félicite l’enseignant-reporter.

Une belle invitation à pousser "les 4 murs" de ce webdocumentaire pour lire chacune de ces histoires vécues pendant le confinement !

Voir le webdocumentaire "Entre 4 murs"
 
Publié le 26 mai 2020
Mis à jour le 26 mai 2020

Vous aimerez peut-être aussi