Florian Jouanny © Pablo Chignard
Florian Jouanny © Pablo Chignard
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Portrait
Sportif passionné, Florian Jouanny est tétraplégique depuis 5 ans. Il s’est lancé le challenge d’accomplir la plus longue version du triathlon, l’Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon). Portrait d’un jeune athlète qui ne renonce jamais.
"Je veux devenir le premier tétraplégique à terminer un triathlon distance Ironman !", annonce Florian Jouanny. Inscrit en licence professionnelle Métiers de l’industrie à l’Université Grenoble Alpes, l’étudiant de 24 ans fait partie des 450 sportifs de haut niveau accompagnés pour mener de front leur carrière sportive et leurs études.

Florian Jouanny a grandi au coeur des Alpes, à Bourg d’Oisans. Un cadre propice aux sports de montagne qu’il pratique avec passion. Adepte du ski extrême, il passe alors de longues heures à fendre la poudreuse, en mode freeride et freestyle, jusqu’à une lourde chute le 2 avril 2011. Il a alors 19 ans et s’apprête à passer son baccalauréat. Ses vertèbres cervicales sont fortement endommagées, la moelle épinière est touchée, on lui annonce qu’il est victime d’une paralysie touchant les quatre membres. Mais il repousse le diagnostic des médecins, il veut leur prouver qu’ils se trompent, qu’il peut récupérer. Parallèlement à la reprise de ses études pour obtenir son bac, il commence une longue rééducation pour tout réapprendre et redevenir autonome.

Retrouver le goût de l’effort

À force de détermination, il recouvre partiellement l’usage des triceps, des muscles des avant-bras, des mains et quelques autres muscles situés à la limite de son niveau lésionnel. L’envie de se remettre au sport revient alors très vite et, ayant pratiqué le vélo assidûment, c’est naturellement qu’il se tourne vers le handbike. Il retrouve le goût de l’effort et de la compétition et quelques mois plus tard, il participe à ses premiers challenges sportifs.

Il y a deux ans, émerge peu à peu l’idée folle de s’aligner sur le départ d’un triathlon Ironman, soit 3,8 km en natation, 180 km de vélo à bras et un marathon de 42 km en fauteuil. Il choisit le triathlon de Barcelone qui se déroulera en octobre 2017. Pour réussir ce challenge, Florian Jouanny se donne les moyens. Accompagné de son frère, lui aussi très sportif et qui prendra le départ avec lui, il consacre 10 à 20 heures par semaine à l’entraînement. Cela représente jusqu’à 10 km de nage et 300 km de handbike.

Financer son projet

Parallèlement, pour trouver des sponsors et financer ses équipements très onéreux, il crée l’association Tétralétik. Lauréat l’année dernière de la bourse "Coup de pouce" de la Fondation Université Grenoble Alpes qui soutient des projets d’étudiants, il se dote d’un handbike de compétition adapté (valeur 14 000 euros). Enfin en septembre, il lance une campagne de crowdfunding afin de financer l’achat d’un fauteuil d’athlétisme spécialisé pour la course et d’une combinaison de triathlon. Plus d’une centaine de personnes ont soutenu son projet.

À quelques mois de la ligne de départ, le chemin à parcourir par Florian Jouanny est encore long. Mais ce qui lui semblait quasi impossible hier devient aujourd’hui accessible à force de persévérance.
Publié le 14 novembre 2016
Mis à jour le 29 mai 2017

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