Epn campus © P. Ginter
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À l'occasion du cinquantenaire de l'Institut Laue Langevin (ILL), M. Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à la recherche, M. Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France, Lord Edward Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni en France, M. Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole, et de très nombreuses personnalités du monde de la recherche européenne, étaient réunis le jeudi 19 janvier 2017, au World Trade Center de Grenoble.
50 ans Institut Laue Langevin
De gauche à droite : M. Ferrari, président de la Metro, Prof. Schober, directeur de l'ILL à l'arrière-plan, Mme Fioraso, députée de l'Isère, M. Beffre, Préfet de l'Isère à l'arrière-plan, Mme Vierkorn-Rudolph, représentante du Ministère allemand pour la recherche, M. Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la recherche, et à droite les deux ambassadeurs, Rt Hon Lord Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni en France et Mr Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d'Allemagne en France.


Le 19 janvier 1967, un accord inter-gouvernemental franco-allemand entérinait la création d’une grande source européenne de neutrons. Depuis 50 ans, dont 45 d’activité scientifique, l’ILL a toujours gardé son rang de leader, et son rayonnement scientifique international a nourri le tissu scientifique grenoblois. Sans tambour ni trompettes et avec une étonnante régularité, il a produit une science au meilleur niveau mondial.

L’ILL premier institut international à Grenoble

Comme les autres centres de recherche de la Presqu’île il doit son existence à Louis Néel, mais aussi au physicien allemand Heinz Maier-Leibnitz. Dans les années 1960 les neutrons s’annonçaient comme une sonde incomparable de la matière – ce qui a été confirmé dans les faits. Néel et Maier-Leibnitz souhaitaient développer une source de neutrons européenne de grande puissance. Tous deux marqués par la seconde guerre mondiale, ils ont su convaincre leurs gouvernements de l’intérêt d’un projet franco-allemand. Ce fut l’ILL, et ce fut à Grenoble ! Symboliquement l'Institut porterait le nom de deux grands physiciens français et allemand, engagés pour le rapprochement des deux peuples : Max von Laue et Paul Langevin.

Dès 1973 le Royaume Uni a rejoint l’ILL qui est devenu tri-national. Ce sont ces trois pays qui gèrent toujours l’ILL et lui apportent 75 % de son budget (100 M€). Le reste est issu des partenariats scientifiques tissés avec 10 autres pays européens. L’ILL, institut de droit privé français, est financé par des fonds publics internationaux.

La Région Rhône-Alpes et surtout la Métropole grenobloise sont largement bénéficiaires de la présence de l’ILL. En effet, les deux tiers de son budget sont dépensés dans la région, à commencer par la quasi-totalité de la masse salariale. Il faut y ajouter près de 20 M€ de commandes effectuées chaque année en Auvergne Rhône-Alpes (bâtiment, électronique, mécanique, secteur nucléaire), qui représentent plus de 40 % des commandes totales de l’ILL.

Au-delà des chiffres, c’est l’ILL qui a été à l’origine de l’enseignement international à Grenoble, qu’il a contribué à financer et développer. C’est lui qui a le premier amené à Grenoble de brillants chercheurs venus du monde entier. C'est grâce à sa présence que l'EMBL puis l'ESRF sont venus s'installer sur le même site de recherche (aujourd’hui appelé EPN campus). C’est encore l’ILL, en tant que pionnier de la recherche internationale dans la région, qui a poussé à la création de partenariats thématiques comme en biologie structurale ou en science de la matière molle.

De nombreux atouts pour un succès scientifique jamais démenti

  • Le génie de la conception de son réacteur, il y a 50 ans. Il a permis de remplacer le coeur dans les années 1990, mais aussi d’apporter de constantes améliorations aux doigts de gant et aux guides de neutrons. Conséquence : l’utilisation de technologies toujours à la pointe ;
  • Une longue histoire inter-culturelle, particulièrement féconde, avec 30 nationalités différentes parmi le personnel ;
  • La qualité et la cohésion de son personnel, où cohabitent au moins deux univers très différents : celui de l’industrie nucléaire, avec son organisation rigoureuse et ses contraintes de sûreté, et celui de la recherche scientifique, par essence souple et inventive ;
  • Un modèle efficace d’institut de service, offrant aux quelque 800 visiteurs annuels le meilleur niveau de support avant, pendant et après leurs expériences. Ce statut assumé a aussi forcé l’ILL à constamment précéder les besoins de ses utilisateurs, en modernisant son instrumentation et en l’adaptant aux thèmes scientifiques en développement.
Déjà 50 ans d’une science de pointe, au service de la connaissance et des enjeux de nos sociétés en mutation. Et l’aventure continue !


Publié le 6 février 2017
Mis à jour le 8 février 2017

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